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Les ONG se mobilisent à Bruxelles pour un Fonds Mondial pleinement financé

Les 9 et 10 avril, les partenaires du Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme se sont réunis à Bruxelles. Cette rencontre amorce le processus de reconstitution du Fonds pour la période 2014-2016.

Alors que l’on évalue le besoin total pour financer les services essentiels permettant de lutter contre les trois pandémies à 87 milliards de dollars,  le Fonds mondial s’est fixé l’objectif de collecter 15 milliards de dollars pour ces trois prochaines années. Cela permettrait, grâce aux 37 millions provenant des ressources nationales des pays récipiendaires et aux 24 millions levés par d’autres bailleurs internationaux, de financer à 87% les besoins mondiaux. Concrètement, ce financement supplémentaire permettrait de traiter 17 millions de cas de tuberculose et de prévenir un million de nouvelles infections du VIH et du paludisme chaque année.

A l’initiative du GFAN (Global Fund Avocacy Network), des associations de solidarité internationale, dont Global Health Advocates France, ont organisé un rassemblement et une table ronde de haut-niveau afin de sensibiliser les bailleurs européens à l’importance cruciale d'un Fonds Mondial pleinement financé. Réunissant plus de 100 personnes la salle était comble avec notamment la participation de parlementaires européens, de membres de la Commission Européenne, de représentants du Sud mais aussi de nombreux activistes.

Comme l’a rappelé Mark Dybul, le directeur exécutif du Fonds Mondial, nous sommes à une époque charnière. Les avancées scientifiques permettent une meilleure connaissance des maladies et de leurs traitements. Si les financements suivent les besoins, il n’est pas idéaliste d’imaginer une génération sans sida, sans tuberculose, sans paludisme.

A cette fin, il est nécessaire que les bailleurs honorent leurs engagements financiers et s’assurent que l’argent décaissé atteigne les personnes touchées par les pandémies. Dans un contexte budgétaire  restreint, les bailleurs ne doivent pas remettre en question leur contribution au Fonds Mondial.  Tout d’abord le Fonds a montré son efficacité. Depuis sa création en 2002, les programmes soutenus par le Fonds mondial et donc par les contribuables ont permis à plus de 4,2 million de personnes d’avoir accès à des anti rétroviraux, à 9,7 million de personnes d’être traités contre la tuberculose et de distribuer plus de 310 millions de moustiquaires imprégnées.

Les sommes investies aujourd’hui permettront des économies considérables en traitement, en prévention pour les générations à venir. Grâce à des investissements stratégiques, des progrès considérables sont possibles pour vaincre les trois pandémies, notamment grâce à  des interventions ciblées à fort impact, notamment auprès  des populations les plus à risques souvent marginalisées. 

Pour les organisations non gouvernementales, le moment est crucial.  Elles ont un rôle à jouer auprès du  grand public mais aussi des décideurs politiques et économiques. Il faudra dès lors multiplier  les actions de mobilisation pour que le sujet reste au cœur des débats internationaux afin que les donateurs financent pleinement le Fonds Mondial et que les pays récipiendaires accroissent leur mobilisation des ressources nationales en faveur de la santé et respectent leur engagement pris à Abuja d’allouer 15% de leurs dépenses publiques à la santé.    

Selon les mots de Lucy Chesire, membre de la délégation des Communautés au Conseil d’administration du Fonds Mondial, « il n’est pas seulement question de trouver plus argent mais bien  de démontrer une forte volonté politique » à l’échelle mondiale.