Blogs

Sept jours pour mettre les dirigeants face à leurs incohérences

Par Bruno Rivalan, Responsable Plaidoyer France, et Pauline Pruvost, Chargée de Plaidoyer (@PruvostPauline)
Avocats pour la santé dans le monde

Du 20 au 27 avril se tient la semaine de la vaccination. Sept jours pour informer, sept jours pour mobiliser sur le rôle central de la vaccination dans la lutte contre les maladies infectieuses.

Outre son impact sur la baisse de la mortalité, la vaccination permet de maintenir les individus en bonne santé et donc de réduire les charges de morbidité que doivent supporter les familles et les systèmes de santé. Les maladies infectieuses entrainent des complications à long-terme ; handicaps, dépenses en soins de santé qui peuvent faire tomber les ménages dans la pauvreté. Ces maladies sont évitables grâce un outil efficace, perfectible mais indispensable : la vaccination. Associée à des interventions de santé ciblées comme la supplémentation en nutriments ou la fourniture d’eau potable, la vaccination amoindrit sensiblement l’incidence des maladies infectieuses. La vaccination intégrée à un système de santé efficace permet ainsi de réduire considérablement les taux de mortalité.

Mais si la science et la technologie existent, l’accès universel et notamment pour les populations les plus vulnérables n’est pas garanti faute de volonté politique et de moyens. 

Un enfant sur cinq n’est pas vacciné ; en raison des coûts élevés des vaccins  mais surtout  à cause de manque de financements des programmes de vaccination. Ainsi, il aurait manqué 224 millions de dollars à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour sa stratégie de vaccination 2012-2013, soit 59% du budget total alloué à la vaccination.

Les besoins en financement sont donc énormes et la responsabilité partagée.

Les gouvernements africains d’abord.  Ils se sont engagés à Abuja en 2001 en à allouer 15% de leur budget national au secteur de la santé. Aujourd’hui, seuls six pays le respectent. Conformément à la déclaration de Paris, ces gouvernements doivent augmenter leurs ressources nationales pour améliorer la prise en charge de leur développement, par le biais par exemple de droits d’accise sur les produits néfastes à la santé ou d’une taxation plus rigide sur les entreprises extractives

Les bailleurs de fonds ensuite, qui se sont engagés au sommet de Gleneagles à allouer 0,7% de leur PIB à l’Aide au Développement (APD). Plus spécifiquement en se basant sur l’étude des besoins et les ressources domestiques disponibles,  la commission macro économique et santé de l’ONU recommande que  0,1%  du PIB des bailleurs de l’OCDE soit allouée à l’accès aux soins afin d’atteindre les Objectifs du Millénaire en santé.  Seuls quatre pays européens ont atteint cette cible. Plus préoccupant encore, dans un contexte budgétaire serré, l’APD devient une variable d’ajustement en témoignent les récents chiffres de l’OCDE l’aide au développement a reculé de 4% en 2012.

La semaine de la vaccination doit permettre de démontrer aux décideurs politiques et économiques le bien fondé d’un tel investissement. Cette semaine doit également permettre de mettre les acteurs institutionnels face à leurs incohérences et de plaider pour un financement durable des programmes de vaccination.