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Journée mondiale contre la pneumonie

Guest Blog From ACTION partner Global Health Advocates France - Bruno Rivalan

Toutes les 20 secondes un enfant meurt de la pneumonie

Voici le constat accablant qui démontre l’ampleur de la principale cause de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans. Le 12 novembre a été désigné journée mondiale contre la pneumonie, une journée pour parler d’une maladie oubliée qui rime trop souvent avec pauvreté et vulnérabilité. L’occasion aussi d’appeler la communauté internationale à tous mettre en ouvre pour l’éradiquer.

Plus de 1,5 million d’enfants succombent chaque année à la pneumonie, soit plus que n’importe quelle autre maladie. Avec plus de 98% de décès dans les pays en développement, la pneumonie est un obstacle majeur à l’atteinte de l’OMD 4 (réduire de deux tiers la mortalité infantile d’ici 2015) et près d’un quart des enfants qui contractent et survivent à une méningite à pneumocoques souffriront de maladies chroniques invalidantes

Il existe pourtant aujourd’hui les outils comme la vaccination pour empêcher et protéger les enfants ou la prise d’antibiotiques pour traiter ceux qui souffrent de cette maladie. Malheureusement dans des pays ou les systèmes de santé sont faibles, et l’accès aux soins limités et moins de 30% d’enfants reçoivent des traitements antibiotiques contre la pneumonie. Le manque d’accès à un traitement rapide ne peut que renforcer l’importance de la prévention au moyen de la vaccination.

Les vaccins constituent en effet un élément essentiel des stratégies de santé intégrées qui peuvent sauver la vie d’enfants atteints de pneumonie. Selon une étude, l’immunisation permettrait de prévenir 80 % des infections à pneumocoques chez les enfants vaccinés.

Alors qu’il fallait habituellement entre 10 et 15 ans pour qu’un nouveau vaccin, après son introduction dans les pays industrialisés, arrive dans les pays pauvres, les vaccins contre la principale cause de pneumonie sont pratiquement administrés en même temps aux enfants des pays en développement et des pays riches. Aux Etats-Unis, les enfants ont reçu ce vaccin début 2010. Grace à l’Alliance pour la Vaccination (GAVI) et à ses partenaires moins d’un an après, les enfants de la Sierra Leone ont été protégés par le même vaccin.

Le déploiement des vaccins anti-pneumococciques dans les pays en développement, qui a débuté en décembre 2010 au Nicaragua, a été rendu possible grâce à des dons via un dispositif de financement innovant, appelé Garantie de marché (AMC), dont GAVI a été le pionnier. Avec plus 1,5 milliard US$ en provenance de l’Italie, du Royaume-Uni, du Canada, de la Russie, de la Norvège et de la Fondation Bill & Melinda Gates, et à l’engagement à hauteur de 1,3 milliard US$ de GAVI, l’AMC a permis de rendre le vaccin disponible en accélérant les capacités de production des fabricants de vaccins anti-pneumococciques recrutés jusqu’ici tout en réduisant les prix.

Selon les prévisions de l’OMS, 3,6 millions d’enfants auront été vaccinés contre l’infection pneumococcique fin 2011 dans les pays éligibles à l’aide financière de GAVI. ( un PIB de moins de 1500 $/ habitants).

Si on ne peut que se réjouir de tels résultats, des millions d’enfants n’ont toujours pas accès aux programmes de vaccination. En juin dernier lors de la conférence des donateurs de GAVI, un total de 4,3millions d’euros à été annoncé pour l’ensemble des contributions. Grâce à une partie des fonds, GAVI prévoit de vacciner 90 millions d’enfants contre les infections à pneumocoques d’ici 2015.Pour autant plusieurs conditions devront êtres remplis pour répondre aux objectifs fixés

Dans un contexte économique défavorable, un risque réel existe quant à l’absences de décaissement des fonds promis. Des pays donateurs pourraient en revenant sur leur promesse, entraîner une effet boule de neige et réduire dramatiquement les financements disponibles et donc les ambitions de GAVI, mais aussi des pays bénéficiaires ayant fait preuve d’efforts politiques et financiers considérables pour améliorer la santé de leur population . De telles décisions de la part des pays bailleurs aurait des conséquences mortelles pour des millions d’enfantsIl est donc primordial que les Etats tiennent leurs engagements trop souvent annoncés et peu souvent respectés.

Si le vaccin anti-pneumocoque est aujourd’hui disponible, les conditions pour son introduction et pour une immunisation massive dans de nombreux pays dépendra la capacité des systèmes de santé des pays à atteindre les populations les plus mal desservies, marginalisés et exclues des pratiques de soins. L’équité sera l’a pierre angulaire du succès des programmes de vaccination. Si Gavi à permis d’améliorer l’accès à la vaccination pour les pays à faible revenu, il existe aujourd’hui des disparités flagrantes aux seins d’un même pays, avec plus de 19 millions d’enfants non immunisés dans les pays GAVI-éligibles .

Sans l’implication de la société civile et plus particulièrement des organisations communautaires, l’universalité d’accès restera une utopie. Les vaccins sont là, le savoir faire existe et les fonds sont disponibles .

Continuons à agir collectivement pour rendre le doit à la santé un droit effectif et améliorer l’avenir de millions d’enfants.