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The Power of Vaccines

La pneumonie : principale cause de mortalité chez les enfants de moins cinq ans

Posted by ACTION Guest on Nov 12, 2012  | 

 

 

 

Michèle Striffler est Membre du Parlement Européen,vice présidente de la commission développement.

En 2011, 1,3 million de jeunes enfants ont succombé à cette maladie qui peut pourtant être prévenue.  La pneumonie fait partie des maladies classées comme maladie de « la pauvreté » ou maladie « négligée » car elle persiste dans les environnements les plus pauvres et les plus marginalisés. Plus de 99 pour cent des décès ont lieu dans les pays du Sud où les traitements et vaccins ne sont pas accessibles pour de nombreux enfants.

Nous savons comment prévenir ces décès et des investissements lors de la décennie précédente ont contribué à des réductions majeures de la mortalité infantile passant de 12 millions en 1990 à 6,9 millions en 2011 selon un rapport récent de l’UNICEF. Mais la pneumonie est encore responsable d'un décès sur cinq chez les enfants de moins de cinq ans et il reste beaucoup à faire pour atteindre l’Objectif du Millénaire pour le Développement lié à la santé infantile (OMD4).

La lutte contre un tel fléau peut et doit être abordé par le biais d’efforts intégrés et coordonnés des gouvernements, des professionnels de santé, des bailleurs, des entreprises pharmaceutiques, des ONG et des activistes à travers le monde.

Pour effectuer davantage de progrès, nous devons continuer à soutenir les interventions qui peuvent sauver la vie des enfants et celles-ci reposent sur un triptyque indissociable : protection, prévention et traitement.

La protection tout d’abord. La promotion de comportements sains chez les enfants et leurs familles peut protéger les enfants contre la maladie, qu’il s’agisse de l'allaitement maternel exclusif pendant les 6 premiers mois de la vie, de l’amélioration des soins prénataux, d’une bonne nutrition pour promouvoir un système immunitaire fort, du lavage des mains avec du savon et d’une bonne hygiène afin de réduire la propagation de la maladie ou de la réduction de la pollution de l'air intérieur (fumée de tabac, poêles intérieurs). Il est ainsi possible de réduire l'incidence de la pneumonie chez les enfants entre 15 à 23% simplement grâce à l‘allaitement exclusif.

Les interventions préventives sont tout aussi cruciales avec en tête la vaccination comme méthode sûre et éprouvée de prévention de nombreux cas de pneumonie chez l'enfant. En effet les deux bactéries Hib (Haemophilus influenzae de type b) et le pneumocoque (Streptococcus pneumoniae) - représentent plus de 50% des décès par pneumonie chez les enfants de moins de 5 ans.

Bien que les vaccins Hib soient rapidement intégrés dans les programmes de vaccination de routine à travers le monde, de nombreux enfants dans les pays en développement n'ont toujours pas un accès suffisant  aux vaccins alors que la bactérie est responsable de près de 400.000 décès d'enfants chaque année. Le vaccin antipneumoccoque fait aussi partie des programmes de vaccination des pays développés mais en raison du coût élevé du vaccin, il n’est pas disponible dans la plupart des pays en développement. Cette bactérie constitue pourtant la principale cause de contraction de la maladie chez les enfants et est responsable de près de 500.000 décès chaque année.

Voulant remédier à cette iniquité  entre le Nord et le Sud, l’alliance GAVI, fort de son modèle économique d’agrégation de l’offre et de la demande, a permis de réduire drastiquement le coût de ces vaccins pour les pays du Sud et prévoit de soutenir la vaccination de 250 millions d’enfants d’ici à 2015, qui n’auraient pu y avoir accès autrement.  La baisse du coût des vaccins doit se poursuivre tout en s’assurant de la qualité et de l’adaptabilité des vaccins ainsi que du renforcement du système de santé des pays.

Car en effet, le dernier pilier dans la lutte contre la pneumonie, le traitement antibiotique est  aujourd’hui peu coûteux (moins de 1 euro par dose) mais hors de portée pour 2/3 des enfants, faute de personnels de santé, d’infrastructures et en raison de paiement à l’acte pour les mères et les enfants. Le renforcement communautaire conjugué à l’exemption des paiements à l’acte devraient permettre aux enfants les plus éloignés ou appartenant aux populations marginalisées d’être traités de manière plus rapide et adaptée. Un programme de traitement efficace doit également se concentrer sur l'amélioration des outils de diagnostic dans le cadre d’une politique de santé plus large prenant en compte d'autres maladies infantiles, comme la tuberculose  - une maladie souvent mal diagnostiquée et traitée à tort, comme une pneumonie.

Plus de 1 million de vies peuvent être sauvées chaque année en faisant avancer la lutte contre la pneumonie et en se concentrant sur ces trois interventions clés.

Alors que se négocie le budget européen pour 2014-2020, le parlement a proposé que 20% du budget principal de réduction de la pauvreté - l’instrument de coopération pour le développement - soit dédié à la santé et à l’éducation. A travers cette proposition, nous espérons envoyer un signal fort de notre engagement pour l’accès aux services essentiels sans lequel aucun développement n’est possible.

Il existe des solutions – mettons les en action ! A l’occasion de cette journée, mobilisons-nous pour que chaque enfant puisse souffler ses cinq bougies.

Relayez le message: #WPD2012

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